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Galerie napoléonienne |
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Ces
toiles sont vendues.
Les autres sont disponibles à l'atelier de l'artiste.
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Immenses, austères, inaccessibles, les gendarmes d’élite de la Garde impériale avaient un point en commun : on les appelait les Immortels. Ce surnom était une boutade que leur avaient conférée leurs légendaires compagnons qu’étaient les Chasseurs-à-cheval, les Grenadiers-à-cheval et les Lanciers polonais de la Veille garde. Boutade empreinte d’une certaine réalité, car on ne les vit jamais charger l’ennemi à bride abattue; on ne vit jamais l’éclat de leurs sabres au cœur de la mêlée; jamais ils ne capturèrent de drapeaux ou de canons aux armées ennemies. Ils ne mourraient jamais au champ d’honneur. Cependant, quiconque aurait osé approcher l’Empereur de trop près les aurait trouvés sur son chemin. La foule en colère qui aurait voulu s’ameuter aux Tuileries les aurait croisés, aurait subi la foudre de leur obéissance aveugle. Absents des grands moments de gloire de l’épopée impériale, ces géants n’avaient pas le beau rôle. À eux revenait la tâche peu enviable de parcourir le pays, les champs de batailles, les mansardes laissées en ruines suite au passage de la Grande Armée afin d’y trouver les récalcitrants, les déserteurs. Et ils prisaient les réfractaires de la Garde beaucoup plus que les timides et chétifs lignards. Conscient de ce rôle ingrat qu’il leur avait confié, l’Empereur aurait pu vanter leurs mérites en disant : ‘ Ils sont de ma Garde. Ils sont ma garde.’ N’empêche que, lorsqu’ils se pointaient à l’entrée d’un village, voyageant toujours deux à deux, un silence soudain remplissait la grand-place. On savait que ces hommes venaient régler les affaires de l’Empereur et que rien ne les empêcherait de mener à bien leur mission. |
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1809, Vienne. Du salon qu'il avait transformé en bureau de travail, Napoléon contemplait sa destinée. Il y a treize ans, il n'était qu'un commandant d'artillerie chétif et anonyme. Puis suivirent les coups d'état, l'erreur égyptienne, le consulat, la reconstruction de la France, l'Empire, les grandes conquêtes : l'Autriche en 1805, la Prusse en 1806, la lointaine Pologne, le géant russe renvoyé dans ses steppes lointaines. Et, à nouveau l'Autriche, cette Autriche dont il marierait la fille après avoir répudié Joséphine. Il s'était habitué à ce que tout et tous plient devant lui. L'ivresse du pouvoir sans bornes s'était enfin emparée de lui, résultat de la démesure de ses ambitions qui étaient devenues personnelles, qui n'étaient plus celles de la France. S'il avait fait nuit, s'il avait voulu voir son Étoile légendaire, celle qui guidait sa destinée, comme il aimait bien le dire et le faire croire, il se serait aperçu qu'elle avait commencé à pâlir. Mais, il ne pouvait plus regarder au-delà de sa triste réalité, de cette prison de gloire et de pouvoir qu'il avait sciemment érigée autour de lui-même. |
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![]() L'Empereur, les yeux fixés sur le Pratzen.
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Le matin d'Austerlitz Le jury du 19e grand concours annuel du Cercle des artistes peintres et sculpteurs du Québec a décerné un Prix d'Excellence à l'artiste pour cette oeuvre lors du Gala international des arts visuels 2002.
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![]() Le 1er Cuirassiers, prêt à entrer dans la légende. |
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Le 2
décembre 1805, le sort de l’Europe va se jouer pour les dix prochaines
années. Ce sera la bataille des trois Empereurs. Laissons parler Claude Manceron : « Comme
frappés par un signe sacré, les maréchaux regardent le visage de Napoléon
qui étincelle et présente, un court instant, une sorte de bonheur
inaccoutumé… Le soleil d’Austerlitz se leva, dissipa le brouillard qui cachait les fantassins de Soult et l’assaut s’ébranla. Sept heures plus tard, 11 000 Russes et Autrichiens joncheront le sol, morts. Il n’y aurait plus de paix avant Waterloo. |
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Frôler cette belle des yeux équivalait à perdre son âme. La légende veut
qu'elle fut l'une des rares à savoir dire non au nouveau maître de l'Europe. Associée à la résistance royaliste ainsi qu'à madame de Staël et Chateaubriand, elle fut vite proscrite et mise à l'index par Bonaparte qui ne pouvait souffrir la popularité de ses salons. |
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« Il était ni beau, ni grand, ni blond. Son corps
émacié faisait quon ne voulût pas le remarquer. Sa démarche rapide, soutenue par
un pas saccadé, le faisait ignorer quiconque croisait son chemin.
Dépliant ses
bras lentement, ses mains apparaissaient, minces, longues, fines. Il les repliait
derrière le dos où elles se croisaient en un geste instinctif.
Ce petit
homme au physique ingrat sappelait Napoleone Buonaparte. Il avait le pouvoir de ne
pas avoir à demander pour que des milliers dhommes sélancent à
lassaut, transportés par cette seule vision. » - François Guilbault |
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1814. Les troupes alliées ont envahi la France. Afin d'affronter les troupes coalisées de l'Europe entière, l'Empereur dût rapatrier ces fiers vétérans de l'Armée d'Espagne. Brienne, La Rothière, Montrmirail et Craonne ne sont que certains des titres de gloire que ces cavaliers d'élite acquirent au prix de leur sang durant la campagne de France. Le jury du 18e grand concours annuel du Cercle des artistes peintres et sculpteurs du Québec a décerné la Médaille d'or à cette oeuvre lors du Gala international des arts visuels 2001. |
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Descendu
de la colonne dAusterlitz, place Vendôme, lors de la restauration du régime des
Bourbons, et remisé pendant des décennies, ce magnifique bronze veille de nos jours sur
Les Invalides.
Ce
symbole vivant témoigne de la relation privilégiée quentretenait Napoléon et ses
grognards, tous ces braves qui combattirent et moururent sous ses ordres sur les champs de
bataille dune Europe déchirée par les convulsions de la Révolution,
lentêtement de lAncien Régime et les ambitions du petit Corse rendu maître
de l'Europe. |
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1814.
La campagne de France. Sous un ciel dhiver humide et funeste, lEmpereur passe en revue les Gardes dHonneur qui, dans quelques glorieux instants, mériteront de la Garde impériale en anéantissant les carrés russes à Montmirail. Incorporés à la Garde, ces fils de noblesse, décriés par les lignards à cause de leurs origines, sauront démontrer que sous leur façade hautaine, se cachent le courage et la détermination de Français prêts à se sacrifier pour la patrie. Leur sacrifice sera vain. Leur loyauté, elle, sera sans tache. Tous les verront sous les murs de Paris s'élancer pour une dernière fois. C'était le dernier sursaut avant le premier exil. |
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Dans une France sans le sous mais
pleine d'espoir, les hommes se cherchent un phare, un héros. Viendra Napoléon Bonaparte
qui mobilisera toute une nation dans le but d'établir son pouvoir sur une France
déchirée et une Europe divisée. Marengo, Austerlitz, Wagram, Iéna, Eylau, Friedland :
les grandes victoires. La Moskowa, Leipsig, Montmirail, Waterloo : les grandes défaites. Quoique la France soit saignée à blanc, il se trouvera toujours, au long de ce parcours sanglant de plus de 20 ans, des hommes pour acclamer Napoléon, le général, le meneur d'hommes, celui par qui la victoire, les honneurs et la gloire venaient. Il suffisait à Napoléon d'approcher un de ses grognards, de le nommer par son nom, de lui pincer l'oreille (signe d'affection que tous convoitaient) pour qu'une armée se cabre et fasse retentir l'acclamation légendaire : "Vive l'Empereur!" Cette toile est inspirée d'un magnifique bronze qui, pendant des années, veillait sur les Aigles impériales dans une des salles du Musée de l'Armée, aux Invalides. Il se trouve aujourd'hui au second balcon de la cour intérieure. |
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« Il était bedonnant, ce qui savérait fort
disgracieux étant donné sa courte taille. Ses cuisses trop lourdes ne faisaient
quajouter à la mauvaise impression dune première rencontre.
Le
regard aussi avait changé, comme sil était inéluctable quil pâlisse au
même rythme que son étoile. En moment de crise, ce regard scandait la colère, le
mépris, lexigence déraisonnable. Au repos, il était gris, blafard, ailleurs.
Napoléon Ier, Empereur des Français, ayant assujetti toutes les nations de
lEurope, serait, bientôt, victime de lambition démesurée qui lavait
élevé au-dessus du commun des mortels.
Resterait
la légende, tissée de leur vivant par ceux qui suivirent aveuglément le jeune général
Corse là où la Gloire était au rendez-vous. » - François Guilbault |
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1812.
La campagne de Russie, l'hécatombe funeste. À la bataille de la Moskowa, ces cavaliers bardés de métal et coiffés dun casque à la grecque feront trembler les troupes du Tsar.
De
lavis de tous, ils étaient aussi redoutés que la cavalerie de la Garde impériale. Moins de 300 de ces braves revinrent de Russie. Reconstitués suite aux débâcles de 1813 et 1814, ils accompagnèrent les Grenadiers-à-cheval, les Chasseurs-à-cheval, les Dragons de l'Impératrice et les Lanciers rouges lors de la charge fatale à Waterloo. |
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Encore de nos jours, lEmpereur règne sur son île
natale, la Corse. Cette statue, qui ressemble étrangement au bronze surplombant la cour
des Invalides à Paris, étend son ombre sur la terre aride où Napoleone Buonaparte vit
le jour.
La légende veut que le jeune Corse se réfugiait dans la
grotte, encavée sous les rochers à droite, pour lire et méditer sur son avenir. Quémandant bourses et faveurs auprès des ministres du Roi, son père finira par le faire inscrire à lécole de Brienne. Abel Gance, le grand historien cinématographique du film muet, nous a laissé des images éternelles des petits combats simulés à Brienne. Son jeune Napoleone bourru, taciturne, intolérant, déjà ambitieux, a-t-il vraiment existé? Il est impossible de distinguer entre la légende et la réalité. Nous ne pouvons qu'admettre que ce jeune homme était différent, unique. |
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1798. Inquiet de l’ascendant de Bonaparte sur l’imagination populaire, sentant son pouvoir s’effriter au fil de ses excès, le Directoire confie à Bonaparte, vainqueur d’Italie, le commandement de l’expédition d’Égypte. C’était condamné le jeune ambitieux aux oubliettes. Loin de Paris, nul ne penserait à lui. Il ne ferait plus partie du paysage politique. Cette toile est unique de par son auteur original, Louis-Albert-Ghislain Bacler d'Albe, baron d'Empire. Il fut le cartographe de Bonaparte jusqu'en 1814. Peintre à ses heures, le portrait que nous a laissé d'Albe se distingue des autres portraits officiels par son honnêteté et la force de caractère qui se lit dans les yeux du sujet. Qui mieux que d'Albe pouvait nous laisser un portrait fidèle de l'homme qu'il côtoya quotidiennement pendant plus de 15 ans? |
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1800.
Napoléon Bonaparte a 31 ans.
À la tête des
vétérans des guerres de la Révolution, il traverse les Alpes au col du Grand
Saint-Bernard et sapprête à déferler sur les plaines lombardes où lennemi,
lAutriche, sera défait et humilié de nouveau.
Dans son
inconscience et son manque de vision, le gouvernement moribond de la France
révolutionnaire troquera lor italien contre les exigences de Bonaparte. Mal lui en
prendra. Il est intéressant de noter qu'à ce moment, les armées françaises faisaient voler les drapeaux hérités de la Révolution. Le tricolore que nous connaissons aujourd'hui ne verra le jour qu'à la fin de l'Empire. |
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1796. Impatient face à l’impuissance de ses généraux de
déboucher du pont d’Arcole pour en venir aux prises avec l’Autrichien et
compléter la manœuvre qu’il avait si soigneusement élaborée, Bonaparte
s’élance dans la fournaise à la tête de son état-major. Sa témérité viendra
prêt de lui coûter sa carrière. Un autre, le brave Muiron, sera
atteint par le projectile qui aurait pu changer les destinées du monde. La légende napoléonienne commence à se tisser, faite d'images d'Épinal et d'erreurs savamment déguisées en hauts fait d'armes et de gloire. Antoine-Jean Gros, baron d'Empire, l'auteur de l'oeuvre originale, ne verra jamais un champ de bataille, contrairement à Bacler d'Albe. Il avait un talent exceptionnel pour le dessin, ce qui le fit admettre en 1785 à l'atelier de David, le peintre du Sacre. Il poursuivit sa formation qu'il termina par un voyage en Italie, le "must" de l'époque pour tout artiste en herbe. Suite à son retour à Paris en octobre 1800, il présenta son Bonaparte à Arcole au Salon de 1801. |
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Copyright © 2002-2008
François Guilbault, artiste
peintre. |